Situé dans la forêt de l'Ettersberg et sur une colline balayée par le vent, le K.L.B entre en fonction fin juillet 1937.
250 000 détenus de toutes nationalités sont passés par le K.L.B. mais, à partir de 1943, un grand nombre d'arrivants n'y séjournaient qu'un cours laps de temps : une à trois semaines au plus, durant lesquelles ils étaient parqués comme des bêtes au camp de quarantaine. Ce dernier était séparé du grand camp par des barbelés, l'on voit ici le passage principal et à droite la masse sombre du block 46 où s'effectuaient les expériences médicales (typhus) sur cobayes humains.
Plus de cent commandos extérieurs répartis dans le centre de l'Allemagne et jusque dans la Ruhr se trouvaient rattachés à Buchenwald. Quelques-uns comptaient de 5000 à 10 000 détenus, dont Dora qui devint plus tard camp autonome, et d'autres quelques centaines seulement. Beaucoup travaillaient pour l'industrie de guerre, voire des entreprises privées, pour les chemins de fer, dans les mines de sel... Les conditions y étaient souvent pires qu'au camp central.
Début avril 1945, les S.S. reçurent instruction de liquider totalement le camp. Des convois énormes furent évacués vers Bergen-Belsen, Dachau, Flossenburg... Nombreux périrent au cours des marches de la mort ou au terme du voyage.
Cependant, grâce à l'action décisive de l'organisation clandestine puissante et préparée au combat, les S.S. échouèrent dans leur ultime entreprise d'extermination. Les groupes de choc libérèrent le camp le 11 avril 1945, quelques heures avant l'arrivée des blindés américains. Il restait alors moins de 25 000 détenus au K.L.B..
Les archives et registres du camp ont permis de dénombrer 56 000 décès "officiels" mais ce chiffre ne comprend pas les morts de tous les Kommandos et des marches d'évacuation.