LE PATRIOTE RÉSISTANT


PR juin 2010
36e congrès de la FNDIRP (Marseille 17-21 mai 2010)

Commission Orientaion-Affaires internationales


1  «Solidarité dans les camps : notre survie, Solidarité aujourd'hui : l'avenir du monde »

Les membres de la FNDIRP ont décidé de placer leur 36e congrès, tenu à Marseille du 17 au 21 mai 2010, sous le mot d'ordre : «Solidarité dans les camps : notre survie, Solidarité aujourd'hui : l'avenir du monde ».

Par là, ils entendent rappeler que ceux qui ont eu la chance d'échapper aux exactions meurtrières de leurs tortionnaires doivent leur salut aux efforts qu'individuellement et collectivement ils ont déployé jour après jour pour faire échec aux crimes nazis ; il est certain que cette solidarité a été une des conditions essentielles de leur salut.

Malgré la volonté des bourreaux d'isoler les individus déshumanisés avant d'être voués à la mort, cette solidarité pouvait être élémentaire et même spontanée, simple réconfort moral, aide matérielle aussi minime fût-elle ou plus largement structurée ou encore clandestine qui était une des formes de la résistance, une des formes de combat continué derrière les barbelés.

Solidarité d'hier... Pour autant, faut-il cesser d'en faire mémoire ?
Certes, les rescapés n'entendent pas être des donneurs de leçons s'adressant à tous ceux soumis à de graves difficultés.

Mais la solidarité aujourd'hui, si elle ne décidera pas seule de l'avenir du monde, est une force que l'on ne saurait sous-estimer. L'émotion face aux catastrophes naturelles n'en épuise pas le champ. La solidarité doit s'appliquer dans une perspective concernant l'humanité tout entière.



 

2  Désarmement nucléaire

La FNDIRP, réunie en congrès au moment où se tient à New York la Conférence des Nations Unies des parties au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) pour examiner les progrès et les modalités de sa mise en oeuvre ;

- notant que cette Conférence a pour objectifs notamment : l'universalité du traité ; les mesures pratiques destinées à assurer la non-prolifération par le renforcement des dispositifs de contrôle et de sécurité prévus par le TNP ; l'action des puissances nucléaires pour l'application de l'article VI du traité concernant le désarmement nucléaire ; la question du désarmement nucléaire régional et la situation au Moyen-Orient ; la contribution que peut apporter la société civile dans tous ces domaines ;

- considérant la résolution 1887 sur le désarmement nucléaire adoptée, le 24 septembre 2009, par le Conseil de sécurité des Nations Unies sur proposition du président des États-Unis et les négociations qui se poursuivent en particulier entre la Fédération de Russie et les États-Unis ;

- consciente néanmoins du danger présenté par les armes nucléaires, la FNDIRP en a toujours appelé à l'interdiction de leur emploi ;

- espère que la Conférence du TNP évitera que de nouveaux États craignant pour leur sécurité ne se dotent d'armes nucléaires ;

- est persuadée qu'une telle prolifération renforce le danger d'un emploi irresponsable de ces armes ;

- réaffirme donc qu'il est impératif d'appliquer strictement le Traité de non-prolifération nucléaire et en particulier son article VI préconisant le désarmement nucléaire, ainsi que les dispositions concernant l'usage de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques ;

- salue comme une décision encourageante bien qu'insuffisante la signature par les États-Unis et la Russie d'un nouveau traité (Start) sur la réduction des armes nucléaires stratégiques ;

- appelle la Conférence, les instances internationales et l'opinion publique à tout mettre en ¦uvre pour que le monde soit enfin débarrassé des armes nucléaires.



 

3  Bombes à sous-munitions

La FNDIRP,
- rappelle son engagement contre la fabrication et l'emploi des bombes à sous-munitions, «des armes terribles, peu fiables et imprécises» pour reprendre une constatation de M. Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies ;

- se réjouit que la Convention internationale d'interdiction des armes à sous-munitions ait été ratifiée par la Moldavie, trentième signature qui permettra l'entrée en vigueur de cette convention le 1er août 2010 ;

- se félicite des dispositions prises à cet égard par la France ;

- ne peut cependant que déplorer que de nombreux États, parmi lesquels des États de toute première importance, n'aient pas encore ratifié cette convention ;

- appelle à continuer la mobilisation contre ces armes afin que la ratification devienne universelle.



 

4   Cour Pénale Internationale

La FNDIRP,
- rappelle son engagement constant en faveur d'institutions internationales permanentes vouées à la poursuite des personnes soupçonnées de crimes de la nature de ceux dont ont été victimes ses membres : crimes de guerre, crimes de génocide, crimes contre l'humanité ;

- s'est pleinement réjouie de la naissance de la Cour Pénale Internationale créée par le Statut de Rome (17 juillet 1998) et installée à La Haye, comme elle s'est félicitée de l'adhésion de la France à ce statut, en 2000 ;

- regrette vivement que, en 2010, dix ans après cette adhésion, seul le Sénat ait adopté un projet de loi d'adaptation de notre droit aux termes du Statut et encore, ce projet tel qu'adopté suscite-t-il de très vives réserves ;

- en appelle solennellement aux plus hautes instances nationales pour que soit, dans les plus brefs délais, inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale la discussion de cette loi d'adaptation ;

- s'adresse solennellement aux députés pour que soient éliminées - du projet de loi adopté par le Sénat - les stipulations qui contreviennent aux termes (ou à l'esprit) du Statut de Rome, notamment la condition de résidence qui, si elle était maintenue, ne permettrait pas à la justice française de poursuivre les personnes accusées des crimes les plus graves se trouvant sur le territoire national.