F.N.D.I.R.P.  
Le Chant des Partisans

LA GENESE DU CHANT DES PARTISANS


A Londres, où se retrouvent de nombreux responsables de la Résistance, tels que Fernand GRENIER (1), Emmanuel d'ASTIER de la VIGERIE(2), on cherche un indicatif musical pour l'émission "Honneur et Patrie" , diffusée par la BBC... Mais ces résistants ont un autre voeu, plus, un impératif : créer un chant de la Résistance. "On ne gagne la guerre qu'avec des chansons...il faut un chant qui ait l'air de venir des maquis", dit  d'ASTIER de la VIGERIE.

Or, Anna MARLY a mis à son tour de chant une complainte qu'elle interprète en langue russe au Petit Club Français : il y est question  d'un "corbeau". Ce chant se termine par ces mots :  "Nous repousserons les forces du mal ; que le vent de la liberté ensable nos tombes". L'accompagnement musical, audacieux, se résume à quelques pincements de cordes de guitare. Cet air-là, elle le chante aussi chez LOUBA, future Madame d'ASTIER. Joseph KESSEL déclare : "Voilà ce qu'il nous faut pour la France". L'idée commence à mûrir.

Quelques jours plus tard, Joseph KESSEL, Anna MARLY, Maurice DRUON et d'autres se retrouvent au Club Français de Saint-James, dans la banlieue de Londres : les uns et les autres ont apporté leurs idées ; la conversation est animée . De temps en temps, François BARON ouvre la porte et questionne : "alors, elle est finie, cette Marseillaise ?". Non, pas encore !

Le 30 mai 1943, dans un hôtel de la banlieue de Londres, le fruit est mûr : Germaine SABLON a mis en forme la partition sur un cahier d'écolier ; Joseph KESSEL tend un texte à Anna MARLY :  "Il ne reste de l'original  que l'idée, la coupe et les corbeaux. Mais le texte est beau, il s'emboîte dans ma musique".  "Les Partisans : chant de la Libération" est né. Joseph KESSEL regarde son neveu : "C'est peut-être de nous deux tout ce qu'il restera".

Il est enregistré le lendemain même au studio d'Ealing, puis s'envole vers sa destinée. Jusqu'au 2 mai 1944, ses premières notes seules ouvrent l'émission de la BBC. D'ASTIER rentre en France avec les paroles, qui paraissent dans les Cahiers Clandestins édités par Louis MARTIN-CHAUFFIER (3); le texte, repris par des feuilles clandestines, parachuté par les aviateurs britanniques, transmis de bouche à oreille, devient "Le Chant des Partisans", hymne de la résistance. Il est vrai que ces corbeaux incarnent, pour chaque résistant, les uniformes allemands qui les pourchassent ...



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