Et en France
Transmis de bouche à oreille, il commença à être connu avant que les premiers convois de déportation ne partent de France. Il entra au répertoire de chorales dès 1936 à côté d'autres chants antifascistes, ou d'airs plus traditionnels, ce qui le fit considérer à tort comme un air "folklorique" . Il fut chanté dans les camps du sud de la France, où nombre de républicains espagnols furent internés avant de connaître Mauthausen; dans les prisons où Pétain jetait les "indésirables", étrangers réfugiés, communistes, syndicalistes, démocrates. Les déportés du convoi du 18 août 1944 - un des derniers convois partis de Compiègne - l'entonnèrent. Un témoignage troublant rapporte même qu'un des soldats allemands requis pour la figuration du film "La Bataille du Rail", avait lui-même été en poste à Börgermoor. Toujours est-il qu'en 1945, alors que les déportés n'étaient encore pas tous rentrés, le compositeur Louis LIEBARD voulut l'harmoniser pour 5 voix, les auteurs se bousculèrent nombreux.
ESSER, inspirateur des paroles originales en allemand resta dans l'anonymat ;
Rudy GOGUEL, auteur de la musique restait inconnu;
quant au véritable auteur des paroles françaises, il ne se manifesta jamais.
Dans les années 1970, un retour aux sources s'opéra par un biais inattendu : un 45 tours proposait, deux adaptations, l'une des Bateliers de la Volga, et l'autre du Chant des Marais, avec la seule mention "chant folklorique". Le regretté Jean-René CAUSSIMONT, abusé par le flou sur les origines réelles de ce chant, prêta même son concours à ce plagiat.
La FNDIRP, désireuse de rendre le Chant des Marais au patrimoine collectif de la déportation, mena alors une enquête publiée dans le Patriote Résistant sous la signature de Roger ARNOULD.
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