Les
exécutions massives d'otages, comme celles de Châteaubriant
et de Souge en octobre 1941, de même que la déportation d'otages
entraient dans une stratégie allemande bien codifiée visant
à réprimer et dissuader toute résistance. L'historienne
Claudine Cardon-Hamet analyse ici cette politique de terreur systématique
et son évolution dans le temps.
Le 22 juin 1941, l'Allemagne attaque l'Union soviétique. Hitler
engage son pays dans ce qu'il considère comme le grand combat contre
l'adversaire idéologique et « racial » du peuple germanique,
le « judéo-bolchevisme ». Dans les pays occupés,
il ordonne de dissuader, par une répression draconienne, toute manifestation
de résistance susceptible d'amoindrir son effort de guerre. En France,
dont les richesses particulièrement abondantes sont largement pillées
par l'occupant, il lui est important que la population continue de travailler
dans le calme au profit de l'économie de guerre allemande. C'est
pourquoi plus d'un millier de communistes, dont le parti reste influent
sur la classe ouvrière, sont arrêtés à titre
préventif et transférés au camp de Compiègne,
gardé par des soldats allemands.
Cependant,
aussitôt connue la nouvelle de l'entrée de la Wehrmacht sur
le sol soviétique, le Parti communiste appelle le peuple de France
à aider l'URSS par tous les moyens et l'incite à préparer
sa propre libération. Il organise des distributions de tracts et
plusieurs manifestations de rue contre l'occupant. Le gouvernement de Vichy,
sensible au changement de l'opinion qui recommence à espérer,
et soucieux d'affirmer son autorité sur l'ensemble du territoire,
prend de son côté des mesures d'exception, dirigées
principalement contre les communistes.
Toutefois,
l'Armée rouge recule et la situation devient de plus en plus alarmante.
Le 1er juillet, le Parti communiste reçoit un télégramme
de l'Internationale communiste lui demandant de détruire les dépôts
et les usines de production d'armes, et d'utiliser tous les moyens pour
empêcher le transport des armes et des troupes allemandes. De petits
groupes communistes multiplient les sabotages. Les autorités allemandes
s'engagent alors dans une répression particulièrement sévère
qui a valeur d'avertissement pour toute la Résistance. Des tribunaux
allemands condamnent à mort de jeunes communistes qui sont aussitôt
fusillés. Puis, le 14 août, Otto von Stülpnagel, commandant
des troupes d'occupation en France (MBF), signe un décret rendant
passible de la peine de mort toute activité communiste.
Entre
le 19 et le 23 août, au nom de la lutte contre le « judéo-bolchevisme
», plus de 4 000 juifs parisiens sont arrêtés par des
soldats allemands, aidés de la police française, et internés
à Drancy.
Un nouvel échelon dans la répression
La
direction du Parti communiste refuse de se laisser intimider. Le 21 août
1941, au métro Barbès, Pierre Georges, le futur colonel Fabien,
tire sur l'aspirant de marine allemand, Moser. Ces coups de feu sont une
riposte aux dernières exécutions et le signal de la reprise
de la guerre sur le sol français. Le jour même, l'administration
militaire menace la population de fusiller, en cas de nouvel attentat,
des otages choisis parmi les personnes détenues pour le compte des
autorités allemandes. Ce décret marque les débuts
de la politique des otages. Cependant, loin d'être le point de départ
de la terreur allemande, le « système des otages » ne
représente qu'un échelon supérieur dans l'escalade
d'une politique de répression dont les orientations avaient été
définies par Hitler dans le cadre même des préparatifs
de la guerre contre l'URSS.
L'institution
de ces pratiques terroristes va se heurter à l'opposition de la
Wehrmacht, hostile à l'introduction, en Europe de l'Ouest, de ce
qu'elle appelle les « méthodes polonaises ». Otto von
Stülpnagel, conscient de la menace qu'une répression aveugle
ferait peser, en France, sur la Pax
germanica, tente de limiter les
interventions de l'administration militaire allemande. Malgré l'ordre
de Hitler d'exécuter cent otages après la mort de Moser,
il cherche à s'en remettre, comme par le passé, au gouvernement
de Vichy qui pratique depuis octobre 1940 une politique de collaboration.
Il autorise la création d'une juridiction spéciale française
en territoire occupé et fait pression sur Pétain pour obtenir
la condamnation à mort de six militants communistes. Cependant,
la poursuite des attaques communistes contre des officiers et des soldats
de la Wehrmacht amène Otto von Stülpnagel à procéder
à des exécutions d'otages dont le commandant du Gross-Paris
avait menacé, en son nom, la population française. Il fait
exécuter, le 6 septembre, trois communistes qualifiés de
« terroristes, anarchistes
et communistes, proches de milieux responsables de ces attentats »,
puis augmente graduellement le nombre des fusillés après
chaque nouvel attentat.
Cette
application qui reste relativement mesurée des instructions de Hitler,
irrite le Führer qui dicte, à la mi-septembre, au général
Keitel, chef de l'État-major de la Wehrmacht, de nouvelles mesures
de terreur. Le Keitelbefehl
[décret Keitel] du 16 septembre 1941 ordonne l'exécution
de 50 à 100 otages communistes par soldat allemand tué. Il
exige, en outre, la peine de mort pour les résistants jugés
par les tribunaux militaires, siégeant en pays occupés, ou
la déportation en Allemagne, dans « la nuit et le brouillard
», de tous ceux qui ne pourraient être condamnés dans
des délais rapides à la peine capitale. La Wehrmacht désapprouve
cette orientation, car elle redoute qu'elle ne suscite l'hostilité
vis-à-vis des forces d'occupation, de la population dans les pays
occupés à l'Ouest, encore largement attentiste. Elle obtient,
par le décret Nacht und
Nebel, paru en décembre 1941
et dont le délai d'élaboration traduit les réticences,
le maintien d'une procédure judiciaire pour tous les auteurs de
délits commis contre le Reich ou la puissance occupante. Ceux qui
devaient être transférés en Allemagne passeront devant
des tribunaux allemands, contrairement aux intentions de Hitler qui voulait
les interner directement en camp de concentration. Toutefois, les conditions
de leur procès ne garantissent pas que le droit soit respecté.
Ce décret apparaît donc comme une demi-mesure, comme une concession
(passagère) faite à la Wehrmacht, avant que la police de
Sécurité ne s'en empare pour expédier directement
la majorité de ces résistants dans les camps de concentration
du Reich. De son côté, Otto von Stülpnagel, appuyé
par ses supérieurs, continue d'appliquer, avec une certaine modération,
le système des otages qu'il codifie à l'intention de ses
subordonnés, le 26 septembre 1941.
Le bain de sang d'octobre 1941
Mais, en octobre 1941, deux attentats retentissants contre le Feldkommandant de Nantes et un conseiller d'administration militaire à Bordeaux viennent confirmer, aux yeux de Hitler, l'échec de la politique pratiquée par Otto von Stülpnagel. Il exige des représailles massives : 48 otages sont fusillés dans la région de Nantes - dont 27 communistes au camp de Châteaubriant - et 50 au camp de Souge, près de Bordeaux. Persuadé que l'amplification de la terreur ne fera pas céder les communistes, que les investigations de la police française ont permis d'identifier comme les auteurs des attentats, Otto von Stülpnagel réaffirme dans un rapport adressé à Berlin que « de pareilles méthodes (sont) inapplicables à la longue ». Il est conscient que ce bain de sang risque de compromettre, de façon définitive, les bases de sa politique. Les rapports entre la population et l'occupant deviennent, en effet, de plus en plus tendus et la collaboration s'avère de plus en plus difficile à mettre en Šuvre. Pétain prend ses distances par rapport à la politique allemande des otages. Après l'implication des services français dans le choix des fusillés d'octobre, il interdit aux préfets de la zone occupée de désigner et d'arrêter, à la demande des autorités allemandes, des personnes susceptibles d'être prises comme otages. Par contre, il renforce la surveillance et la répression anticommunistes et continue de collaborer étroitement, dans ce domaine, avec la police allemande.
Annonce de déportations massives
Dès
lors, Otto von Stülpnagel s'emploie à rechercher une politique
de rechange aux exécutions massives d'otages. À la suite
d'une série de nouveaux attentats commis à la fin du mois
de novembre et au début de décembre, il propose à
Hitler, le 5 décembre, la déportation de 1 000 juifs et 500
jeunes communistes dans l'est de l'Europe. Cette disposition viendrait
en complément de l'exécution de 100 otages, dont il réduisait
ainsi le nombre par rapport aux instructions du
Keitelbefehl. Dans son esprit, les
déportations massives d'otages devaient, à l'avenir, se substituer
aux exécutions. Pétain, aussitôt averti de ce projet,
cherche une nouvelle fois à devancer les Allemands et prend de nouvelles
mesures de répression contre les étrangers, les juifs récemment
installés en France et les communistes. Dans la proposition d'Otto
von Stülpnagel, pour la première fois, les juifs sont officiellement
désignés parmi les instigateurs des attentats.
Or,
cette proposition est formulée au moment où se prépare
la conférence de Wannsee, dont la tenue, finalement reportée
au 20 janvier 1942, a pour objet la généralisation à
l'ensemble des pays sous domination allemande de l'extermination des juifs,
camouflée sous le nom de «
Solution finale du problème juif en Europe ».
Le
12 décembre, Otto von Stülpnagel, reçoit l'accord de
Hitler et annonce le 14 décembre, parmi les représailles
des derniers attentats, qu'un grand nombre d'éléments criminels
judéo-bolcheviks
seront déportés aux travaux forcés à l'est.
Cependant, les préparatifs de la déportation des 1 000 juifs
et des 500 jeunes communistes, qui devaient s'achever au 20 janvier 1942,
sont interrompus par un télégramme de Berlin, daté
du 24 décembre 1941. Le projet initial est modifié : juifs
et communistes devront être déportés séparément.
La police de Sécurité est chargée d'organiser la déportation
des juifs vers l'est dans le cadre des évacuations prévues
en février ou en mars. Quant aux jeunes communistes, ils seront
dirigés par la police de Sécurité vers un camp de
concentration, situé à l'intérieur de l'Allemagne.
Le télégramme du Quartier général motive ces
changements par des problèmes de transport et par des questions
de sécurité. Mais ils ont été vraisemblablement
inspirés par la police de Sécurité, chargée
de mettre en Šuvre le transfert des juifs d'Europe vers les camps d'extermination.
En attendant l'arrivée des ordres de départ, deux fichiers
séparés sont constitués à Compiègne,
en février 1942, pour les détenus destinés à
la déportation : l'un pour les otages juifs, l'autre pour les communistes.
Pendant
ce temps, les fusillades d'otages se poursuivent. Le 15 décembre
1941, 95 otages sont exécutés, parmi lesquels se trouvent
deux dirigeants communistes : Gabriel Péri et Lucien Sampaix. En
janvier et février 1942, d'autres avis du MBF annoncent de nouvelles
exécutions et la déportation prochaine de juifs et de communistes
: notamment à la suite du sabotage du transformateur électrique
d'Auboué qui alimente 17 mines de fer du bassin lorrain. C'est le
seul cas où des otages furent exécutés sans qu'aucun
soldat allemand n'ait été tué. Ceci montre l'importance
que l'occupant accordait aux conséquences des sabotages pour l'économie
de guerre allemande. Au début de février, par un long rapport
et lors d'un entretien avec Keitel, Otto von Stülpnagel tente une
ultime démarche pour que cesse cette escalade de la terreur qui,
estime-t-il, fait le jeu de la Résistance. Il demande une nouvelle
fois, mais en vain, que les fusillades massives soient abandonnées
au profit de la déportation de juifs et de communistes déjà
internés. Ses analyses sont pourtant fondées : en février
1942, le climat politique en France s'est encore détérioré
et les préfets font état de sentiments de haine à
l'encontre de l'occupant. À son retour de Berlin, le MBF demande
à être relevé de son commandement.
« Solution finale » et politique des otages
Désormais,
la politique de représailles ordonnée par Hitler ne rencontre
plus, en France, de véritable contradicteur. Le départ d'Otto
von Stülpnagel aboutit à la désignation d'un nouveau
commandant des troupes d'occupation, Karl Heinrich von Stülpnagel,
plus enclin à composer, et à la nomination, en mars 1942,
d'un représentant direct de Himmler, Oberg, chef suprême des
SS et de la police pour la France (HSSPF). Ce dernier est chargé
de réprimer la Résistance et de mettre en pratique la «
Solution finale ».
Cependant,
l'entrée en fonction effective d'Oberg, le 1er juin 1942, laisse
la responsabilité des mesures de police à Karl Heinrich von
Stülpnagel pendant près de trois mois. Dès sa prise
de fonction, le nouveau MBF cherche à légitimer la répression
allemande aux yeux de l'opinion française, en rendant publics les
procès des francs-tireurs communistes, arrêtés grâce
à l'activité des brigades spéciales de la police française.
Par contre, comme son prédécesseur, il se persuade vite que
les fusillades d'otages retentissent gravement sur les rapports entre les
Français et l'armée d'occupation. Mais sa marge de manŠuvre
est limitée puisque Hitler continue de dicter de Berlin les mesures
à prendre, exigeant pour chaque soldat allemand tué l'exécution
d'un nombre important d'otages. Le commandant des troupes d'occupation
se contente donc de modérer ses ordres en réduisant le nombre
de fusillés ou en comptant, comme otages, des résistants
déjà condamnés à mort par des tribunaux de
guerre allemands. Dannecker, qui dirige en France la section des Affaires
juives de la Sipo-SD (antenne de la police de Sécurité),
utilise l'annonce faite par Otto von Stülpnagel, le 14 décembre
1941, de déporter des juifs et des communistes pour obtenir le départ,
le 27 mars 1942, de 1 000 otages juifs pour Auschwitz. Ce convoi est composé
des notables juifs arrêtés le 12 décembre 1941 et internés
au camp C de Compiègne et de 300 juifs communistes amenés
du camp de Drancy. C'est à la fois le premier convoi d'otages et
le premier transport de la « Solution finale » pour la France.
Cependant,
les attentats se font de plus en plus nombreux et les représailles
semblent inefficaces. Hitler franchit alors une nouvelle étape,
le 9 avril 1942, en ordonnant pour chaque nouvel attentat, en plus de l'exécution
de 20 otages, la déportation vers l'est de 500 communistes, juifs
et « éléments
asociaux ». Karl Heinrich
von Stülpnagel transcrit ces nouvelles instructions par ordonnances,
dès le 9 et le 10 avril. Le 24 avril, il émet de nouvelles
directives pour désigner les otages à déporter et
à transférer au camp de Compiègne. Le 6 mai, le chef
de la Gestapo à Berlin ordonne au responsable de la police de Sécurité
en France de former un premier transport de 1 000 prisonniers pour Auschwitz.
Ces
ordres seront directement à l'origine de la préparation du
convoi des « 45 000 ». Dannecker intervient alors pour que
les otages juifs partent les premiers. Il réussit à expédier
à Auschwitz, le 5 juin, toujours sous le prétexte de la politique
de représailles, un nouveau convoi d'un millier de juifs rassemblés,
pour la plupart, en avril et en mai 1942, au camp de Compiègne.
Mille otages pour Auschwitz
L'entrée
en fonction d'Oberg, le 1er juin, entraîne des modifications notables
dans la répression de la Résistance. Le représentant
de Himmler suit rigoureusement les recommandations formulées en
mai 1942 par Heydrich, chef de la police de Sécurité et du
SD. Celui-ci considérait que le système des otages était
inadéquat dans un pays comme la France et devrait être abandonné
dès que la police serait en mesure d'arrêter les véritables
auteurs des attentats. Pour ce faire, en juin 1942, les effectifs et les
pouvoirs de la police allemande sont renforcés. D'autre part, Oberg
obtient, par les accords passés avec René Bousquet, chef
de la police française, la collaboration étroite de celle-ci
dans la lutte contre les «
communistes, terroristes et saboteurs »
ainsi que sa participation à l'arrestation des juifs étrangers.
En
attendant que les effets de ces mesures se manifestent, Oberg introduit
un certain nombre de changements dans la politique des otages. Au lieu
de répondre immédiatement à chaque nouvel attentat
par des représailles, la police s'accorde le temps nécessaire
à la recherche des coupables, comme l'avait d'ailleurs demandé
Otto von Stülpnagel. Ce qui entraîne la suspension des fusillades
entre juin et août 1942. Parallèlement, elle tente d'en renforcer
le caractère dissuasif. Par le décret du 10 juillet 1942,
la désignation des otages est étendue aux membres de la famille
des résistants en fuite. D'autre part, les sanctions relatives à
chaque attentat sont regroupées de manière à les rendre
plus terrifiantes. Le 11 août, 88 otages sont fusillés dans
la même journée. En septembre, la seconde vague d'exécutions
est annoncée le 19, deux jours avant sa réalisation, afin
d'intimider la population parisienne que le Parti communiste avait invitée
à manifester pour l'anniversaire de Valmy. Cette fois, le chiffre
de fusillés - 116 - est calculé en doublant le nombre d'Allemands
tués ou blessés par attentats depuis le 11 août. Enfin,
une réserve d'otages « fusillables », composée
de résistants accusés de graves délits, est instituée
au fort de Romainville.
Entre
juin et décembre 1942, aucune nouvelle déportation d'otages
n'est organisée. Seuls les préparatifs des déportations
de représailles, commencés sous l'autorité du MBF,
sont poursuivis. Les convois sont tous dirigés vers Auschwitz. Quatre
transports de juifs, arrêtés en mai et août 1941, quittent
la France les 22, 23 et 28 juin et le 17 juillet 1942. Un convoi de plus
de mille otages communistes et « asociaux » part de Compiègne,
le 6 juillet 1942, complété avec les derniers 50 otages juifs
« déportables » internés à Compiègne.
Il s'agit des futurs « 45 000 ».
Sous
la direction d'Oberg, la police de Sécurité renonce définitivement
« au système des otages », sous la forme où il
avait été ordonné par Hitler, codifié par Otto
von Stülpnagel et complété par son successeur. Les exécutions
massives d'otages, décidées de Paris par la police de Sécurité,
sont suspendues en octobre 1942. Selon un rapport de janvier 1943 de la
police de Sécurité en France, celle-ci avait renoncé
à procéder aux exécutions d'otages, à cause
de l'indignation qu'elles soulevaient dans la population française
et afin de ne pas gêner le recrutement de travailleurs pour l'Allemagne.
De plus, le perfectionnement des moyens policiers allemands et la collaboration
active de la police française permettaient désormais d'arrêter
un nombre de plus en plus important de résistants.
À
partir de janvier 1943, les Allemands privilégient la déportation
massive des membres de la Résistance vers les camps de concentration
sans exclure, cependant, les condamnations à mort par les tribunaux
militaires allemands, les exécutions ponctuelles de représailles
et l'envoi de résistants en Allemagne, dans le cadre de la procédure
Nacht und Nebel.
Les déportations par convois de 1 000 à 2 000 personnes vers
les camps de concentration, offrent un triple avantage : conjuguer une
répression de masse destinée à contrecarrer les progrès
de la Résistance, intimider une population de plus en plus hostile
et de plus en plus réfractaire aux exigences allemandes, et augmenter
la main-d'Šuvre concentrationnaire travaillant pour la machine de guerre
nazie.
Claudine CARDON-HAMET
n Ce texte est extrait du livre de Claudine Cardon-Hamet : Mille otages pour Auschwitz - Le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45 000 ». Éditions Graphein, 2 000 (épuisé). Une version condensée de l'ouvrage est parue en 2005 sous le titre : Triangles Rouges pour Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942. Éditions Autrement (disponible à la FNDIRP, 22,95 euros + 3,80 euros de port).
Les intertitres sont de
la rédaction.