Lu dans la livraison du mois de FÉVRIER 2006 :
La
répression en France :
déportés,
fusillés, massacrés
Un colloque international se tenait sur le thème de « La répression en France, 1940-1945 », les 8, 9 et 10 décembre au Mémorial de Caen. Les communications des chercheurs devaient être centrées sur quatre volets : guerres et répressions ; systèmes et acteurs de la répression en France ; déportés et fusillés ; l'escalade répressive de 1944 ; images et mémoires. Il n'est bien sûr pas question ici de rendre compte de l'ensemble de ce colloque, dont les actes seront sans doute édités, mais de quelques aspects qui ont plus particulièrement trait aux déportés, fusillés, massacrés. C'était, entre autres, le cas de la séance introduite par Yves Lescure, directeur général de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (dont Jean-Pierre Azéma, modérateur, souligna à juste titre qu'elle était insuffisamment connue), qui réaffirma l'intérêt de prolonger le travail entrepris pour le Livre-Mémorial des déportés de répression.
De l'arrestation à la déportation
Jean
Quellien (professeur, Université de Caen) analysait les motifs d'arrestation
dans une approche quantitative appuyée sur un échantillon
de 10 % des 88 000 dossiers des hommes et femmes déportés
à partir du sol français (y compris des Zones annexée
et rattachée) dans les camps et prisons du Reich.
Les
motifs d'arrestation sont liés à l'appartenance des déportés
à la Résistance dite organisée ou civile pour 72 %
des cas. En ce qui concerne la Résistance organisée (43 %
de l'ensemble) : plus du tiers des cas de déportés considérés
(37 %) appartenaient à la Résistance communiste (OS, PC,
Front national, FTPF), 35 % étant membres de réseaux
(SOE, etc.), tandis que 26 % étaient dans la mouvance de la Résistance
non communiste (Combat, Libé Nord, OCM, ORA, etc.). En ce
qui concerne la Résistance dite « civile », les déportés
considérés avaient été arrêtés
pour expression ou comportement anti-allemand (26 %), pour refus du STO
(20,5 %), pour refus de travail ou sabotage (15,5 %), pour aide à
la Résistance (12,5 %) ou assistance aux pourchassés (10
%), etc.
Restent
27 % des déportés de l'échantillon que l'historien
classe comme « non résistants » (1) : Républicains
espagnols capturés par l'armée allemande lors de combats
de l'été 1940 (28 % de cette catégorie de «
non résistants ») ; civils raflés (25 %) ; prisonniers
de droit commun extraits de prisons françaises (17 %) ; communistes
arrêtés en tant que tels (9 %) ; otages (9 % également),
détenteurs d'armes (8 %) et enfin « indésirables »
(4 %).
Des
déportés victimes, en premier lieu, d'une politique répressive
dirigée contre la Résistance (raison fortement majoritaire
de leur arrestation) confirmait Jean Quellien, qui ajoutait toutefois qu'à
partir de 1944, cette volonté de punir s'articula avec celle de
s'emparer de forces de travail nécessaires dans le cadre de la guerre
totale. Raison pour laquelle les « non résistants »,
tels que raflés, indésirables et prisonniers de droit commun
furent désormais aussi déportés : un constat qui amena
Jean Quellien, tout en soulignant que la Déportation ne peut être
à l'évidence déconnectée de la Résistance,
à s'interroger sur la pertinence du concept de « déportation
de répression » à l'égard de ces derniers. Une
question qui, à nos yeux, peut être posée, à
condition de ne pas perdre de vue le vécu concentrationnaire des
personnes considérées.
Qui sont les déportés ?
Michel
Boivin (professeur, Université de Caen) devait continuer en dressant
le profil sociologique des déportés de ce même échantillon.
Sans surprise, il s'agit d'abord d'hommes (89 %), les femmes étant
minoritaires, quoique avec des variations selon les années et les
régions considérées (elles représentent par
exemple près de 20 % de la population mosellane déportée).
Les hommes âgés de 20 à 29 ans sont surreprésentés
: 38 % de l'échantillon, alors qu'ils sont 17 % de la société
civile à cette époque. Les 30-49 ans forment néanmoins
le plus gros contingent, 47 %.
L'examen
des dossiers où la profession exercée avant l'arrestation
est renseignée permet à M. Boivin la mise en évidence
très nette de la surreprésentation, parmi les déportés,
des ouvriers de l'industrie (près de 30 %, alors qu'ils ne représentaient
alors que 16 % de la population active !) et, à l'opposé,
le faible contingent d'agriculteurs (14 %, alors que cette profession était
exercée par 24 % de la population active). Ce sont, globalement,
les citadins qui fournissent majoritairement les rangs des déportés,
les ruraux étant moins présents. Et si les Français
sont les plus nombreux, figure une proportion significative d'étrangers
(15 %, alors qu'ils ne comptaient que pour 4,4 % de la population d'alors).
Enfin, une carte mettant en évidence le lieu de résidence
des déportés avant leur arrestation souligne le tribut payé
par le département de la Seine mais aussi les départements
du nord-est (Vosges, Haut-Rhin, Moselle) et dans une mesure moindre, ceux
de la Zone rattachée. Une sociologie qui, selon le chercheur, est
en grande cohérence avec la sociologie générale de
la Résistance.
Leur survie, leur mort
Vanina
Brière (doctorante) s'intéressait ensuite au devenir des
déportés de répression (dont 47 % devaient revenir
en 1945), tel qu'il apparaît dans l'état actuel de la recherche.
Elle évoquait tout d'abord ceux d'entre eux qui, comme ceux du «
Train de la mort » ou du « Train fantôme »,
devaient succomber au cours même de leur transport vers le Reich
: ils furent des centaines à connaître ce sort, dont vraisemblablement
Jean Moulin. Envoyés dans les camps centraux ou leurs annexes, 40
% des déportés devaient y périr de faim, de froid,
d'épuisement, par manque de soins, voire exécutés
après un jugement (c'est le cas de 577 au moins d'entre eux). Elle
soulignait néanmoins que 1 500 déportés de répression
victimes de sélections internes, jugés inaptes au travail,
furent gazés soit sur place (à Auschwitz, Ravensbrück,
Gusen) soit à Hartheim pour 882 d'entre eux.
Elle
s'attachait ensuite à dégager l'impact de divers facteurs
sur ce devenir (zones d'origine, processus de déportation, chronologie,
lieux de transfert, etc.). Se confirment des taux de mortalité très
variables : quasiment absent chez les personnalités otages (3,5
%), peu important chez les déportés incarcérés
dans les prisons, ils affectent en revanche plus de 78 % des femmes du
convoi du 24 janvier 1943, près de 64 % des Républicains
espagnols arrivés dès fin 1940, début 1941 dans l'univers
concentrationnaire et plus d'un déporté dit « NN »
sur deux.
D'autres
paramètres agissent « mécaniquement » sur cette
mortalité : âge des intéressés, durée
de la déportation, transfert dans un kommando particulièrement
pénible, hivers rigoureux, etc. Une mortalité qu'il n'est
pas toujours facile de cerner avec précision (exécutions
« sauvages », évacuations, etc.), plus de 7 % des cas
demeurant à ce jour non élucidés. Et, ajoutait enfin
Vanina Brière, une mortalité qui continue à être
observée dans l'immédiat après-guerre en raison des
séquelles dues à la déportation.
Après le débarquement
Delphine
Kazandjian, doctorante, évoquait ensuite le cas des déportés
expédiés de la Zone occupée vers l'univers concentrationnaire
après le débarquement allié en Normandie, qui, loin
de stopper la répression, inaugure une nouvelle phase de répression,
très intense. Ils furent plus de 21 000 à subir ce sort,
dans un contexte nouveau marqué par des opérations militaires
alliées conjuguées à celles de la Résistance
ainsi que par les divers mouvements des troupes d'occupation. Le centre
de gravité des départs en déportation se déplaça
vers l'est : Compiègne perdit désormais le triste «
monopole » de plaque tournante au fur et à mesure de l'évacuation
allemande, elle-même marquée par celle des prisons et camps
d'internement. Les convois circulaient désormais sur des voies annexes,
les grands axes ferroviaires étant bombardés, ce qui aggrava
bien évidemment les conditions faites aux déportés.
Vers
quelles destinations furent envoyés ces déportés ?
Sur le camp de Dachau en premier lieu, mais aussi sur celui de Natzweiler
(qui perdit ainsi sa vocation spécifique de camp pour NN) et de
son voisin de Schirmeck - ces deux camps devenant à leur tour le
point de départ vers d'autres lieux.
Qui
étaient ces déportés, partis peu avant la Libération
du territoire mais qui connurent néanmoins de longs mois concentrationnaires
? Encore et toujours, des auteurs d'actes de résistance, de plus
en plus organisés, parmi lesquels les FFI constituées depuis
le mois de mars 1944. Mais aussi des raflés et otages, majoritaires
dans les convois de septembre 1944, ce qui témoigne de l'ampleur
des représailles exercées à l'encontre des populations
civiles. Des représailles violentes, mais pas tout à fait
aveugles, puisque le Reich cibla en priorité de jeunes adultes,
considérés comme particulièrement aptes aux rigueurs
de l'esclavage concentrationnaire.
Les
départements de la Meurthe-et-Moselle, des Vosges, du Territoire
de Belfort et du Doubs payèrent un fort lourd tribut au cours de
cette ultime période durant laquelle les nazis, contraints au repli,
s'acharnèrent néanmoins. Une période qui vit le monde
rural de plus en plus concerné par la Résistance tout comme
certaines professions (gendarmes, policiers). Ceux qui furent ainsi déportés
après le débarquement dans des convois circulant dans des
conditions chaotiques, arrivés dans les camps tardivement mais dans
une période d'emballement du système concentrationnaire,
connurent une mortalité légèrement supérieure
à la moyenne générale.
Et les déportés arrêtés en Allemagne ?
Arnaud
Bouligny, doctorant, traitait du cas des Français arrêtés
en Allemagne et versés dans les camps nazis, un groupe largement
sous-estimé jusqu'aux travaux de la Fondation : à ce jour,
6 225 d'entre eux ont été identifiés et ce chiffre
ne rend sans doute pas encore compte de la réalité. Un chiffre
qui peut sembler marginal au regard des effectifs des Français présents
en Allemagne (1,5 million prisonniers de guerre, 650 000 travailleurs forcés,
300 000 travailleurs volontaires), mais qui constitue néanmoins
près de 10% de l'effectif des déportés français.
Il s'agissait essentiellement de jeunes contraints au travail, ressortissants
de la loi du 4 septembre 1942 puis du STO (48 %), mais aussi de travailleurs
volontaires (30 %), et enfin des prisonniers de guerre (20 %) privés
de leur protection par les services de police du RSHA. Enfin, figuraient
dans ce groupe des Alsaciens-Mosellans (enrôlés pour le RAD
- Service du travail du Reich -, Malgré-Nous, Patriotes Résistants
à l'OccupationŠ).
Peu
de femmes furent concernées par cet itinéraire, qui devait
affecter très majoritairement les hommes de moins de 30 ans (71
%), ouvriers de l'industrie ou de l'artisanat convoités par le Reich,
originaires des zones industrielles françaises. Près des
trois-quarts d'entre eux furent arrêtés au cours de l'année
1944 et au début 1945, essentiellement pour absentéisme,
refus d'exécution, acte de sabotage, désertion de postes,
pour propagande anti-allemande (actes pouvant s'apparenter à de
la Résistance civile), voire sur simples soupçons d'hostilité
à l'égard du Reich, quand il ne s'agissait pas de représailles
consécutives à des actes anti-allemands. Quelques délits
de droit commun furent également à l'origine de ces arrestations,
concentrées dans les zones industrielles du Reich ou près
des frontières. Victimes d'un simple ordre d'internement, ils furent
expédiés principalement vers Dachau, Buchenwald, Dora, Sachsenhausen.
Deux tiers d'entre eux devaient entrer dans l'univers concentrationnaire
au cours de l'été 1944 et jusqu'au printemps 1945, par petits
groupes voire seuls, et subirent les mesures de déshumanisation
communément infligées aux déportés. Sur ce
groupe, 2 200 décès en déportation sont établis,
dans des proportions variables selon les camps : Gross Rosen, Flossenbürg
semblent avoir à cet égard été particulièrement
meurtriers.
Quels fusillés ?
Combien
et qui étaient les « fusillés », autre groupe
d'importance victime de la répression ? Thomas Pouty, doctorant,
s'attacha à répondre à cette question, indiquant avoir
identifié 3 800 d'entre eux, exécutés après
jugement d'un tribunal militaire (762 entre juin 1940 et août 1944),
ou par simple mesure découlant de la politique des otages (238 exécutés
entre septembre 1941 et octobre 1943).
Létude
exhaustive de près d'un tiers des dossiers de ces fusillés
permet d'en avoir une image plus précise. Les premiers fusillés
de l'été 1940 comptaient parmi ceux qui avaient refusé
de rendre les armes ; ils furent rejoints par ceux qu'y s'en prirent physiquement
aux occupants ou à leurs installations puis ceux qui, à partir
de septembre 1941, furent visés par la « politique des otages
» et enfin par ceux qui, à partir de l'automne 1942, furent
encore plus massivement jugés par les tribunaux. Après une
accalmie (toute relative, si l'on songe aux 25 Nantais et aux lycéens
de Buffon) au début de l'année 1943, période au cours
de laquelle les premiers convois massifs de déportation partaient
vers le Reich, les fusillades reprirent pour ne cesser d'augmenter jusqu'en
mai 1944, année qui détint le triste record (42 % des fusillés,
résistants dans les mêmes proportions que précédemment).
Quatre
fusillés après jugement sur cinq appartenaient à un
mouvement (80 %) ou un réseau (20 %), 72 % d'entre eux étant
rattachés à un groupement d'inspiration communiste : les
autorités nazies, méfiantes, réclamaient systématiquement
aux services de lutte anticommuniste de Vichy de leur livrer ces communistes
et elles furent entendues.
La
détention illégale d'armes à feu fut également
le motif direct d'une exécution sur dix. Les conduites de résistance
dite civile pouvaient aussi conduire au poteau d'exécution (actes
de sabotage, aide aux « indésirables », aux clandestins
ou aux aviateurs alliés), tout comme les désertions des Alsaciens-Mosellans
enrôlés de force dans l'armée allemande. Dans quelques
cas, un simple délit d'opinion tel que la « propagation d'idéaux
communistes » pouvait aussi y mener. Les otages fusillés avaient
quant à eux été choisis parmi les « judéo-bolchéviques
», les communistes formant 78 % de ce groupe de victimes, groupe
ultérieurement complété par des internés «
coupables » de détention d'armes, d'agression physique contre
des soldats allemands ou encore pour des actes de résistance civile.
À
de rares exceptions, les fusillés résidaient dans la Zone
occupée sous contrôle du Commandement militaire allemand (MBF),
dont un quart en Seine et Seine-et-Oise et nombre dans le Nord/Pas-de-Calais.
Les lieux d'exécution, concentrés tout d'abord en quelques
sites proches des actions de la Résistance (le Mont-Valérien,
le camp de Châteaubriant, Nantes, Souge) se diversifièrent
ensuite : le Calvados, le Maine-et-Loire, la Loire-Inférieure, etc.,
témoignant d'une volonté de frapper l'opinion publique en
« décentralisant » les exécutions.
Cette
forme particulière de répression devait cueillir, dans près
d'un cas sur deux en ce qui concerne les fusillés après jugement,
de jeunes hommes dans la fleur de l'âge (moins de 30 ans), les otages
exécutés étant pour leur part plus mûrs car
désignés pour leurs engagements d'avant-guerre. En fin de
compte, le profil des fusillés, qu'ils aient été condamnés
à mort ou choisis sur des listes d'otages, était-il si différent
de celui des déportés ? Question à laquelle Thomas
Pouty, évoquant là encore une surreprésentation des
salariés de l'industrie ou de l'artisanat, apportait un début
de réponse affirmative, montrant la vitalité de la Résistance
populaire.
Les « massacrés »
Parlant
de la répression extra-judiciaire de l'été 1944, Hélène
Guillon (doctorante) évoquait ceux qui furent victimes, isolés
ou collectivement, d'exécutions sauvages commises par les unités
militaires (Wehrmacht, Waffen SS - dont Das Reich) ou par les forces
de police allemandes.
Étudiant
les « massacrés » de l'ensemble de la période
1940-1945, le Comité d'Histoire de la Seconde Guerre Mondiale avait
en son temps avancé un bilan, certainement encore en-deça
de la réalité, de 6 000 victimes, dont 3 600 à partir
du 6 juin 1944. Mais ce
phénomène
est difficile à cerner dans son ampleur : si les noms des habitants
d'Oradour, pour ne citer que le cas le plus emblématique, sont connus,
il n'en va pas de même pour l'ensemble des massacrés. Ce phénomène
nouveau, concentré sur une courte période, et qualifié
par l'intervenante de « phase de brutalisation », témoigne
de la sauvagerie des occupants acculés au repli (l'itinéraire
sanglant de la Das Reich, de la Haute-Garonne au nord-ouest, est
largement connu, mais cette unité n'a pas le monopole des exactions).
Il n'épargne aucune région et touche des résistants
capturés puis abattus (un cas sur cinq, dans l'état de la
recherche, au rang desquels les maquisards). Il touche aussi des détenus
de diverses prisons (eux-mêmes aux trois-quarts résistants)
que les occupants entendent « vider » avant leur départ
: tel est le cas de la prison de Montluc, où plus de 400 internés
furent assassinés entre le 9 juin et le 29 août 1944. Mais
il affecte plus encore des civils tués lors d'expéditions
punitives : visant la population, accusée collectivement de soutenir
la Résistance, les occupants opèrent des rafles totalement
aveugles et arbitraires, fauchent les premiers habitants rencontrés,
pénètrent dans leurs maisons.
Seront
ainsi massacrés majoritairement des hommes, mais aussi des femmes
et des enfants, sous des formes aussi variées que barbares : exécutions
par balles, incendies, pendaisons, noyades, tabassage. Certaines victimes
furent même ensevelies vivantes. Particulièrement exacerbée
jusqu'à la fin août, cette forme nouvelle de répression,
aussi limitée dans le temps que violente, semble avoir fait plus
de victimes isolées que l'on ne le pensait : d'où l'intérêt
de poursuivre l'enquête, à la fois pour la mémoire
de ces massacrés et pour la connaissance historique.
Ce
qui est vrai pour l'ensemble des recherches en cours sur les mécanismes
répressifs à l'¦uvre dans tel ou tel convoi, les études
particulières sur les groupes visés, etc. Recherche auxquelles
il convient d'apporter des matériaux vivants en complément
des dossiers administratifs.
Danièle BARON
(1) Encore que l'on puisse
rappeler ici cette définition de la répression donnée
par Jean-Pierre Azéma et Denis Peschanski : « La répression
s'en prend aux individus pour ce qu'ils font, ont fait ou sont présumés
pouvoir faire » (in Vichy, État policier, Seuil,
1993, sous la dir. de J.-P. Azéma et François Bédarida).