FNDIRP  ACTUS


La FNDIRP, Paris, le 18 février 2008

La mémoire des enfants juifs, victimes du génocide


« La Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes juge très sévèrement la proposition de M. Nicolas Sarkozy, président de la République, de faire porter par chaque élève de CM2 la mémoire d'un enfant juif déporté de France pendant la Seconde Guerre mondiale et assassiné par les nazis dans un camp d'extermination.

Parler aux enfants de 9-10 ans de ce que fut le génocide des juifs et du sort des 11 000 enfants juifs de France, des anciens déportés le font depuis des années dans les écoles. Ils rappellent également la part prise par le gouvernement de Vichy dans ce drame et le fait que la déportation des enfants en même temps que celle de leurs parents fut demandée aux Allemands par le président du Conseil français de cette époque, Pierre Laval. La complicité du gouvernement de Vichy avec l'occupant fut totale dès la publication en 1940 du statut des juifs.

Vouloir faire porter par un enfant - ou par une classe - la charge de la mémoire d'un enfant mort est insupportable, c'est risquer de lui ou de leur infliger un grave traumatisme, c'est méconnaître totalement la psychologie des enfants de cet âge. C'est, de plus, focaliser leur attention sur la victimisation et l'émotion en détournant leur prise de conscience du rôle des bourreaux nazis et de leurs complices et soutiens français.

La FNDIRP souhaite que, au-delà de l'évidente spécificité des crimes nazis, il soit également fait référence aux autres crimes d'hier et d'aujourd'hui.

Enfin, une fois encore, c'est instrumentaliser l'école et retirer aux pédagogues la maîtrise de l'enseignement qu'ils dispensent.

La Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes s'oppose donc fermement à cette initiative présidentielle et fera connaître les raisons de cette prise de position à tous les intéressés.»  
 

Le 27 février, nous apprenons que la proposition du président de la République, telle qu'elle a été formulée, ne sera pas appliquée. Telle est la première et bienvenue conclusion de la "commission sur la mémoire de la Shoah" réunie à l'initiative du ministre de l'Éducation nationale à l'issue de deux semaines de protestations quasi générales.

Retour aux actualités